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Message par Hermann Heisberg le Lun 3 Juil - 18:30

Les rideaux rouges se ferment devant mon personnage mourant sur la scène. Les premiers applaudissements se font entendre et je me relève pour rejoindre mes compagnons dans les coulisses. A peine arriver, tout le monde me saute dans les bras en exprimant sa joie.

"On a réussi !" chuchotent-ils. "Préparez-vous au salut" répondis-je simplement.

Les rideaux s’ouvrent devant nous, la lumière nous éclaire et nous avançons au-devant de la scène. Je salue le public en tenant les mains de mes compagnons de troupe et regarde toute la salle avec un grand sourire de satisfaction.

"Encore une pièce réussie." pensais-je.

La lumière blanche des projecteurs fait briller les chemises blanches et les robes rouges des acteurs. Les spectateurs se lèvent et nous acclament. Nous partons en courant derrière les coulisses.

"Les amis, attendons qu’ils nous rappellent!" leur lançais-je.

Le public crie et nous applaudit de plus belle. Nous revenons et saluons une nouvelle fois puis repartons toujours en courant dans nos loges. Le public n’arrête pas de nous réclamer, nous nous regardons tous une fois avec le même sentiment. Une seconde se passe et nous nous jetons une dernière fois sur la scène.

Les acteurs retournent se changer et je reste seul devant le public encore euphorique.
"Mesdames et messieurs, merci à vous d’avoir assisté à ce spectacle ! Moi, Hermann Heisberg, metteur en scène et comme vous avez pu le voir, acteur ainsi que toute la troupe de cette tragédie tenons à vous remercier profondément. Nous avons tout donné pour vous ce soir et sommes plus que joyeux de voir que la salle est remplie. Désormais, je vous abandonne et tire ma révérence."

En effet, je ne pouvais pas plus attendre, car d’autres personnes m’attendent. Je cours pour me changer dans ma loge alors qu’une de mes collègues me prend dans ses bras sur le chemin. Je lui souris et repars immédiatement. Je reviens sur la scène alors que les derniers spectateurs sortent. J’attends maintenant l’arrivée de l’équipe de télévision qui doit tourner un reportage sur la mise en scène et le message transmis par notre pièce. Je m’assois donc sur le bord de la scène, à quelques mètres des sièges et regarde mes pieds que je balance dans le vide.

"Je m’allumerais bien une clope en attendant moi." Je fouille mes poches et me souviens par malheur que je les ai laissés dans la loge. Tant pis les reporters vont bientôt arrivé, je n’ai pas le temps d’y retourner.
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Re: L'interview [LIBRE]

Message par Mr.Feelgood le Mar 4 Juil - 23:55

Le public était comblé, les gens repartaient en riant et faisant les éloges de la pièce, des comédiens, de l'écriture. On ne pouvait certainement pas nier qu'un travail époustouflant avait été fourni, une tragédie émouvante qui avait émerveillée les spectateurs qui vibraient encore du rythme de ce scénario à la fois si tordu et si simple.

La critique allait être généreuse avec cette représentation, ça ne faisait aucun doute. Sans parler de la publicité que ferais ce fameux reportage, enfin, non pas qu'une pièce de ce niveau en ai besoin, mais c'était toujours un paramètre à prendre en compte. Encore cependant fallait-il que l'équipe du tournage arrive sur les lieux, mais il n'y avait aucune raison qu'elle n'y arrive pas, n'est-ce pas? Le metteur en scène ne semblait pas s'inquiéter de telles questions, n'avait-il pas raison?

 Il venait, une fois de plus, de présenter un succès sans fautes, il avait bien assez stressé comme ça, il pouvait maintenant se détendre, il l'avait bien mérité. Assis sur le bord de la scène, il avait l'air d'être à la fois le dominant et le dominé. Dominé par l'immensité de ce théâtre surplombant le petit être qu'il était, homme parmi les hommes, petite pièce d'un tout bien plus grand.

 Mais aussi dominant, seul maître de la scène, vainqueur de ce terrible combat qu'est la représentation théâtrale, centre même de l'énergie de ce bâtiment si symbolique. Pourtant, malgré tout ça, contrairement au calme qui s'était installé dans l'enceinte, le comédien n'était plus seul sur scène. Tandis qu'il était assis sur le bord de la scène, une silhouette se tenait droite derrière lui, un homme en costume et cravate, gants de cuirs, une corde de pendu autour du cou et un masque de comédie, ironique n'est-ce pas, sur le visage.

-Félicitations monsieur Heisberg. Dit l'étrange personnage en applaudissant.

Le masqué s'avança pour s'asseoir aux côtés du metteur en scène.

-Encore un véritable chef d'oeuvre que vous nous avez livré ce soir, même si j'avoue ne pas être étonné de voir un tel florilège de qualité ressortir d'un projet que vous avez vous-même porté. Permettez moi de me présenter, je suis Mr.Feelgood, chasseur de primes, tueur à gages pour utiliser un terme plus vulgaire. Je souhaitais tout d'abord vous faire part du léger retard qu'essuie actuellement l'équipe de télévision, ils arriveront environ 10 minutes après l'horaire prévu et en bonne santé rassurez-vous. Ho et avant que vous ne vous fassiez de fausses idées, je ne suis pas ici pour vous, pensez bien que je vous aurais libéré au plus vite, je n'aime pas faire durer les libérations. Non en réalité je suis venu pour une autre personne, enfin, personne si l'on peut dire ainsi, disons simplement que quelque chose rode dans ce théâtre et que j'ai été engagé pour m'en occuper. J'ai donc supposé qu'un homme comme vous, ayant passé autant de temps dans ce théâtre, aurait peut-être quelques informations à me partager?

Il glissa sa main dans une poche interne à son veston, mais malgré les apparences, il n'en sorti pas une arme (bien que sa main l'ai effleurée) mais un paquet de cigarettes qu'il tendit à l'homme de scène. Sa voix n'était pas agressive, elle n'était pas trop familière non plus, elle était simplement amicale, professionnelle et respectueuse, même si elle pouvait sembler intimidante, étouffée ainsi par le masque, elle restait nette et aucunement agressive.

-J'ai cru comprendre que votre goût pour le tabac était plutôt prononcé, si je peux me permettre. 
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Re: L'interview [LIBRE]

Message par Hermann Heisberg le Mer 5 Juil - 0:57

"Félicitations monsieur Heisberg. Encore un véritable chef d'oeuvre que vous nous avez livré ce soir, même si j’avoue ne pas être étonné de voir un tel florilège de qualité ressortir d'un projet que vous avez vous-même porté. Permettez-moi de me présenter, je suis Mr.Feelgood, chasseur de primes, tueur à gages pour utiliser un terme plus vulgaire. Je souhaitais tout d'abord vous faire part du léger retard qu'essuie actuellement l'équipe de télévision, ils arriveront environ 10 minutes après l'horaire prévu et en bonne santé rassurez-vous. Ho et avant que vous ne vous fassiez de fausses idées, je ne suis pas ici pour vous, pensez bien que je vous aurais libéré au plus vite, je n'aime pas faire durer les libérations. Non en réalité je suis venu pour une autre personne, enfin, personne si l'on peut dire ainsi, disons simplement que quelque chose rode dans ce théâtre et que j'ai été engagé pour m'en occuper. J'ai donc supposé qu'un homme comme vous, ayant passé autant de temps dans ce théâtre, aurait peut-être quelques informations à me partager ? J'ai cru comprendre que votre goût pour le tabac était plutôt prononcé, si je peux me permettre."

Cette voix sonne comme des vers de prose à mes oreilles. Cela semble agréable et menaçant à la fois. Je prends une légère inspiration et une cigarette dans le paquet que me tend cet individu masqué. Je ne fais guère attention à lui pour l’instant, de plus à quoi bon, je ne le reconnaîtrais en aucun cas.

"Vous m’envoyez ravi que la pièce vous ai plu cher monsieur… Feelgood, c’est bien cela ? Je pensais pourtant que tous les spectateurs étaient rentrés chez eux à cette heure. Mais auriez-vous du feu ?"
"Oui évidemment." rétorqua-t-il en me tendant un paquet d’allumettes.
"Merci bien." Je profite donc de cette cordialité pour craquer une allumette et apporter ce précieux feu au bout de ma cigarette. Je prends une ou deux bouffées avant d’enchaîner.

"Alors, vous seriez un tueur à gages mais qui ne viendrait pas pour moi et qui chercherait des informations sur mon théâtre? Quelle drôle d’idée que de quémander des informations pour un tel genre de personne si je puis me permettre. En effet, j’ai plus eu l’habitude de lire dans mes nouvelles policières que les chasseurs de primes se renseignaient en avance sur leur cible et leur environnement. Mais soit, si tel est votre requête, je me ferai un plaisir de vous aider. Je ne cherche pas d’ennuis voyez-vous? Je flâne sur un long fleuve au fil de l'eau, qui se rétrécit au fur et à mesure des années et devenant de plus en plus calme grâce à l’argent que j’arrive à gagner à la sueur de mon front et de celle de mes camarades."

Je balance toujours mes jambes d’un air songeur en regardant la salle semblant infinie devant moi. Je parle et rêve en même temps. Je m’imagine plus vieux, serein, ou encore plus jeune et insouciant. Je me reconcentre cependant sur la conversation car je ne veux en aucun cas manquer de respect à cet homme. Je dis bien "cet homme" car la voix semble masculine, bien qu’il soit vrai que de nos jours même une femme peut faire ce genre de métier et changer sa voix comme bon lui semble. Passons.

"Soit, que voudriez-vous savoir sur cette immensité de sièges et de cordages s’accompagnant de poids ou de projecteurs?"
En prenant une autre bouffée et rendant ainsi ma cigarette à moitié consumée, je rajoute en gardant un regard lointain et vague.
"Tout d’abord, que vous êtes assis sur une planche cassante qui doit être réparée? Je ferais attention à votre place, cela nous ai déjà arrivé de passer à travers la scène durant des répétitions où l’on utilisait les trappes."

Malgré mon air serein et détendu, je me pose tout de même des questions sur les affirmations de cet étrange personnage. Que venait-il chercher ? Quelle est cette histoire de bête ou de personne présente dans mon théâtre personnel ? Cet individu ou créature d’après ses dires m’en voulait-elle personnellement ? Je n’ai évidemment la réponse à aucune de ces questions et c’est bien cela qui m’inquiète.
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Re: L'interview [LIBRE]

Message par Mr.Feelgood le Mer 5 Juil - 2:54

Le metteur en scène était étonnement détendu en découvrant qu'il n'était pas seul, mais il fallait bien s'attendre à des réactions hors de l'ordinaire de la part d'un génie littéraire tel que lui. Tout chez cette artiste appelait à la rêverie, même lorsqu'il parlait, la légèreté de ses propos semblaient dérober l'interlocuteur à la réalité l'espace d'un instant, comme si tout était plus simple, plus aisé. Mais justement, dans le métier de Mr.Feelgood, rien n'était simple, encore moins aisé.

"Alors, vous seriez un tueur à gages mais qui ne viendrait pas pour moi et qui chercherait des informations sur mon théâtre? Quelle drôle d’idée que de quémander des informations pour un tel genre de personne si je puis me permettre. En effet, j’ai plus eu l’habitude de lire dans mes nouvelles policières que les chasseurs de primes se renseignaient en avance sur leur cible et leur environnement. Mais soit, si tel est votre requête, je me ferai un plaisir de vous aider. Je ne cherche pas d’ennuis voyez-vous? Je flâne sur un long fleuve au fil de l'eau, qui se rétrécit au fur et à mesure des années et devenant de plus en plus calme grâce à l’argent que j’arrive à gagner à la sueur de mon front et de celle de mes camarades."

La remarque amusa l'homme masqué, était-ce son bien-parlé qui mettait le civil tant à l'aise? Ou autre chose? Avait-il conscience qu'à la place de Mr.Feelgood, nombreux étaient ceux qui l'aurait abattu froidement pour le bien de la mission. La vie du comédien était peut-être un long fleuve tranquille, mais celle du chasseur était une vertigineuse chute d'eau, de son point de vue, l'auteur vivait dans le mensonge, il faisait face à la vie hypocrite, celle qui semble douce, où tout va bien, mais qui finira toujours par retourner sa veste et vous écraser cruellement. Il espérait de tout cœur que l'artiste ouvrirait les yeux le plus tôt possible, qu'il se rende compte que la vie n'est pas ce que les contes nous vendent.

"Soit, que voudriez-vous savoir sur cette immensité de sièges et de cordages s’accompagnant de poids ou de projecteurs? Tout d’abord, que vous êtes assis sur une planche cassante qui doit être réparée? Je ferais attention à votre place, cela nous ai déjà arrivé de passer à travers la scène durant des répétitions où l’on utilisait les trappes."

Tiens? Voilà qui était amusant alors? Le destin avait-il finalement décidé d'accorder à Mr.Feelgood une libération en bonne et dû forme? La nuque brisée sur le sol sous la scène? Le corps perforé par les planches? Bien sûr que non évidemment, ça aurait été trop simple. Même si il le voulait, il ne pouvait pas rester sur cette planche usée et fut contraint de se relever, de plus, cela n'aurait pas été très respectueux d'ignorer les conseils de son hôte. Ainsi, il se contenta de se tenir debout sur la scène, là où il avait un point de vue parfait sur la salle.

-J'apprécie les qualités que vous vantez à ma profession monsieur Heisberg, mais soyez rassuré, je ne suis pas venu sans me renseigner, en vérité, je connais l'agencement de la salle par cœur, ayant le plan du bâtiment en mémoire, bien que je me doute qu'un homme tel que vous doit surement avoir quelques pièces secrètes. J'imagine qu'après votre expérience en Afghanistan, vous êtes devenu prudent. Je dispose aussi d'informations que je vais éviter de vous communiquer pour le moment, n'y voyez rien de vexant, je voudrais simplement vous éviter de sombrer dans la paranoïa. J'ai de très bonnes sources mais en réalité je tenais à vous rencontrer personnellement. J'apprécie beaucoup votre travail et vous avez une fois de plus prouvez ce soir que vous étiez à la hauteur des attentes de votre public. En particulier sur la scène finale du dernier acte, votre interprétation de la mort m'a rendu très...

Le chasseur se massa le cou l'espace d'un instant.

-... Envieux. Enfin, pour ce qui est des questions que je voulais vous poser, elles vous concernent vous et votre théâtre. La première vous sera dirigée : avez-vous quelqu'un dans votre entourage proche ou lointain qui pourrait vous vouloir du mal? Quelqu'un qui se porterait peut-être mieux si vous veniez à disparaître?
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Re: L'interview [LIBRE]

Message par Hermann Heisberg le Mer 5 Juil - 13:22

"J'apprécie les qualités que vous vantez à ma profession monsieur Heisberg, mais soyez rassuré, je ne suis pas venu sans me renseigner, en vérité, je connais l'agencement de la salle par cœur, ayant le plan du bâtiment en mémoire, bien que je me doute qu'un homme tel que vous doit surement avoir quelques pièces secrètes. J'imagine qu'après votre expérience en Afghanistan, vous êtes devenu prudent. Je dispose aussi d'informations que je vais éviter de vous communiquer pour le moment, n'y voyez rien de vexant, je voudrais simplement vous éviter de sombrer dans la paranoïa. J'ai de très bonnes sources mais en réalité je tenais à vous rencontrer personnellement. J'apprécie beaucoup votre travail et vous avez une fois de plus prouvez ce soir que vous étiez à la hauteur des attentes de votre public. En particulier sur la scène finale du dernier acte, votre interprétation de la mort m'a rendu très... Envieux. Enfin, pour ce qui est des questions que je voulais vous poser, elles vous concernent vous et votre théâtre. La première vous sera dirigée : avez-vous quelqu'un dans votre entourage proche ou lointain qui pourrait vous vouloir du mal? Quelqu'un qui se porterait peut-être mieux si vous veniez à disparaître?"

"Vous semblez en effet faire preuve d’un professionnalisme impressionnant, et ceci est tout à votre honneur je dois bien l’admettre."

Je reste assis et pointe du doigt le rideau rouge fermé sans même regarder. "Vous savez donc que les loges peuvent être atteintes simplement par un couloir derrière les coulisses, lui-même relié à des escaliers permettant de monter dans les petites tribunes que vous pouvez voir en hauteur."
Au fur et à mesure que je déblatère les acheminements de routes, je pointe du doigt l’itinéraire que j’indique, comme si un personnage imaginaire était en train de courir dans le bâtiment en suivant mes indications. Je poursuis mon discours qui devait être bien ennuyant pour ce pauvre homme car il connaît apparemment les plans, mais j’ai bien l’intention de lui montrer que je les connais aussi, car j’ai moi-même participé à la construction de cet immeuble doté d’une des meilleures acoustiques du monde.
"…et vous finissez en rejoignant le grand hall d’accueil."

Je reprends mon souffle et prend une nouvelle bouffée de fumée que je fais ressortir dans un "O" parfaitement exécuté. Ma cigarette étant totalement consumée, je l'écrase sur le bout de ma chaussure déjà sale et me relève d’un air léger afin de contempler d’un point de vue supérieur ce théâtre, fruit de mon travail. Je soupire un bon coup comme si j'étais pris d'une nouvelle inspiration.

"Vous me parlez de pièces secrètes? D'un périple en Afghanistan? Apparemment je ne suis plus un mystère pour vous Mr. Feelgood, mais savez-vous au moins pourquoi?"

J’entame des pas de danses sobres sur le côté comme pris d’une étrange musique qui colle à la peau. Un style que j’écoute et que j’apprécie souvent en dansant avec mes compagnons. C’est alors que je commence à lancer mes bras et mes jambes dans tous les sens.

"Le monde est paisible Mr.Feelgood,
Vous êtes chez vous bien installé
Dans votre fauteuil avec un bon café ou un thé
Vous êtes essoufflé mais pas à bout"


En débitant ces phrases j’enchaîne les pas de danses en rythme effréné et pour la dernière de ce quatrain je pose un bras en l’air et la tête baissée face au public imaginaire.

"Alors sonne à la porte une vile créature
Tordue et droite, petite et grande à la fois,
C’est la vie qui vient vous proposer une folle aventure
Sans prévenir elle saisit donc votre main avec foi."


Ma danse ridicule se poursuit et je pose une nouvelle fois à la manière de Freedy Mercury et pointe de nouveau la salle le bras droit tendu.

"Par sa force vous voilà emporté
Votre choix n’a même pas été entendu
Mais trop tard vous y êtes et risquez,
Au coin de chaque boulevards et rues
D’être menacer par le monde environnant ;
Prenez alors une bouffée d’air en étouffant."


Je fais plusieurs tours sur moi-même et fait pour la première fois face à cet homme masqué debout sur la scène en le pointant du doigt et levant le bras vers le ciel.

"Vous vous faîtes traîner dans la boue
Vous vous relevez car l’allure ralentit
Vous vous retournez et criez sans répit
Vous vous souvenez, vous voudriez être à bout."


Mes bras et mes jambes exécutent un ballet magistral d’un mélange de danse pop et swing avec une allure saccadée. Mais je finis toujours par retomber sur mes pieds et lève ainsi les deux bras aux cieux. Certains auraient pris cela pour une imitation du Christ mais il n’est question ici que d’une danse folklorique.

"Vous trébuchez à chaque fois et vous désespérez
Des ombres passent dans vos yeux et meurent
Cependant des souvenirs s’entassent et demeurent
Vous n’avez qu’une envie, c’est d’enfin respirer
Mais il y a encore tant de choses dont vous n’avez pas le goût
Et le monde n’est pas paisible Mr.Feelgood."


Je termine ce couplet en me jetant à genoux et glissant sur 2 mètres de scène pour arriver devant cet individu plus qu’étrange mais semblant bien mal en point ou torturé. En effet il a été envieux de la tragique fin de mon personnage. Je me relève pour arrêter mes stupidités et abandonne totalement les paroles de ce dernier pour m’intéresser à ses questions.
Je tape un peu mon pull pour enlever le peu de poussière qui s’y était déposer et lui répond en prenant un peu d’espace avec lui.

"Vous savez, un homme tel que moi a bien trop d’ennemis pour vous les citer. Prenez en exemple les autres metteurs en scène qui coulent à cause de mon succès et des acteurs que je n’ai pas sélectionné pour faire partie de ma troupe. Mais puisque vous en parliez, j’ai sûrement des ennemis Afghans également, même si mon épopée là-bas ne fut pas des plus meurtrières."

Je prenais une longue inspiration et regardais ce visage joyeux qui m’observait.
"Cela peut être impoli de répondre à une question par une autre question mais auriez-vous une carte de visite?"
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Re: L'interview [LIBRE]

Message par Mr.Feelgood le Mar 11 Juil - 6:09

L'artiste était coopératif, c'était une bonne chose, Mr.Feelgood craignait d'effrayer le metteur en scène, mais au fond il savait qu'un homme du genre de monsieur Heisberg ne se laisserait pas intimidé, ce n'était pas là du courage dont il faisait preuve, c'était de l'interprétation. C'est ce qu'admirait le chasseur de primes chez cette homme, il interprétait les choses différemment.

 Bien que le masqué ne partageait pas son point de vue sur certains sujet comme la vie en elle-même, il appréciait le fait de voir quelqu'un sortir de la masse, ne pas se laisser embarquer dans le flot inhumain de la conformité que s'impose les gens d'aujourd'hui et qui ne mène qu'à la mort de la personnalité. Non cette personne était unique en son genre et c'est ce qui plaisait à Mr.Feelgood.

Bien qu'il connaissait déjà le plan que lui décrivait le comédien, il écouta poliment, l'envie de faire la description du bâtiment en même temps que son interlocuteur lui vint brièvement, il ne céda pas, ça serait un clair manque d'éducation d'agir ainsi.

"Vous me parlez de pièces secrètes? D'un périple en Afghanistan? Apparemment je ne suis plus un mystère pour vous Mr. Feelgood, mais savez-vous au moins pourquoi?"

Et voilà que l'homme de scène s'était lancé dans une nouvelle représentation artistique, laissant parler son art à travers la discussion. Tout ce qu'il disait sonnait comme une désagréable leçon de morale aux oreilles du chasseur, bien qu'il était obligé d'admettre que la chose était extrêmement bien amenée. Il ne savait même pas si c'était là l’intention de l'artiste de le convaincre que la vie valait le coup d'être vécu, mais aux oreilles du masqué, ce genre de discours n'était que les radotages que les fanatiques se tuent à lui répéter pour tenter de le convertir.

 La vie n'a rien d'intéressant, on nous parle d'aventures et découvertes, de joies et de sensations, mais au final quel est le résultat? Tous finiront dans la tombe et tous auront souffert, qu'importe les actes, ils seront un jour oubliés, qu'importe l'expérience vécu, elle s'évaporera et disparaîtra lorsque le vivant deviendra poussière. La vie n'est qu'une carotte que l'ont tend à un âne pour le faire avancer mais au final, le pauvre animal arrive au bout du chemin avant d'avoir droit à sa convoitise.

 Certains ânes cependant seront plus lucides que les autres et refuseront d'avancer, certains reculeront même, tandis que les meilleurs, eux, désarçonneront leur cavalier. Choisir d'arrêter temps qu'il est encore temps, voilà ce que devrait faire chacun, voilà ce que voudrait Mr.Feelgood, mais jamais il ne pourra désarçonner son cavalier. Le metteur en scène lui avait reprit son sérieux. 

"Vous savez, un homme tel que moi a bien trop d’ennemis pour vous les citer. Prenez en exemple les autres metteurs en scène qui coulent à cause de mon succès et des acteurs que je n’ai pas sélectionné pour faire partie de ma troupe. Mais puisque vous en parliez, j’ai sûrement des ennemis Afghans également, même si mon épopée là-bas ne fut pas des plus meurtrières."

Dans ce cas ce n'était pas ça, ce n'était pas le genre de motif suffisant pour libérer une créature dans un théâtre, même si cela avait été le cas, les enquêtes que Mr.Feelgood avait mené lui aurait laissé des indices sur le coupable.

"Cela peut être impoli de répondre à une question par une autre question mais auriez-vous une carte de visite?"

-Sur votre miroir dans votre loge, troisième ampoule en haut à droite. Répondit machinalement le chasseur. J'ai jugé bon de vous laisser les moyens, compliqués je vous l'accorde, de me contacter. Dois-je comprendre que vous souhaitez louer mes services? Ho et temps que j'y pense, ne vous inquiétez pas, vos cigarettes sont toujours là où vous les avez laissé, j'ai jugé bon de vous offrir un paquet plutôt que de vous piller.
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Re: L'interview [LIBRE]

Message par Hermann Heisberg le Mer 12 Juil - 1:41

Il n’a aucune réaction. En même temps quelle réaction pourrions-nous avoir face à ce genre de pitreries? De plus ce ne doit pas être le genre de personne à vraiment avoir des réactions particulières avec le monde environnant. Son métier l’oblige à rester stoïque face à toutes les situations c’est bien connu.

De ce fait j’aurais tendance à dire que l’homme masqué ne semble pas apprécié ma danse. Il est vrai que je ne suis pas un artiste ayant consacré sa vie à cette culture mais tout de même. Tant pis, j’espère qu’il aura au moins compris le sens profond de mes couplets. Il fallait bien que je lui fasse partager mon point de vue sur le monde, car il n’est, à n’en point douter, très cultivé d’après sa posture, la structure de ses phrases ainsi que leur contenu. Cependant il ne fait mine de rien, comme s’il était tout à fait étranger au monde de la Culture.

Alors, comme à mon habitude je l’interprète à ma manière. Sa façon de se tenir, droit comme un i? Un toc banal. Ses paroles tout droit sorties d’un enfer commun? Un moyen de montrer qu’il sait faire parler les mots pour impressionner. Ahah, cet homme m’amuse et m’inspire. Un tel strict, appuyé par une tenue cintrée, mêlé à un sérieux de professionnel qui ne laisse rien passer et une lourdeur imposante marquant sa présence. Mais une légèreté dans ses mots et une finesse dans l’action tel que ses déplacements. Le contraste du personnage est brusque et fait peur. Il dégage une aura forte et puissante. Ces dimensions complexes s’imbriquent pourtant les unes aux autres dans un éclat de lumière. Cela sera-t-il le thème de ma prochaine pièce? Je ne sais pas mais j’y réfléchirai.

"Cela peut être impoli de répondre à une question par une autre question mais auriez-vous une carte de visite?"
-"Sur votre miroir dans votre loge, troisième ampoule en haut à droite. Répondit machinalement le chasseur. J'ai jugé bon de vous laisser les moyens, compliqués je vous l'accorde, de me contacter. Dois-je comprendre que vous souhaitez louer mes services? Ho et temps que j'y pense, ne vous inquiétez pas, vos cigarettes sont toujours là où vous les avez laissés, j'ai jugé bon de vous offrir un paquet plutôt que de vous piller."

Cette réponse digne d’un automate programmé m’a surpris en premier lieu. Cependant j’esquisse un rictus. "Vous êtes une personne incroyable croyez-moi. Et bien que cela ne me pique la langue, je ne vous demanderai pas comment vous faîtes tout cela, je ne veux pas savoir."

Je le regarde intensément, avec l’impression de ne plus voir un masque mais les yeux se cachant derrière. J'ai l'impression de l'épier dans son jardin secret alors que je ne fait rien. Je ne connais rien de cet homme si ce n'est son masque et son costume mais il me paraît très proche quand j'y pense, comme si je savais exactement qui il est en réalité.

"Je vous demande une carte de visite car vous me semblez être un spécialiste dans votre art silencieux et inconnu du peuple. Alors si jamais je rencontre quelques ennuis, je préfère savoir qu’il me restera une carte à jouer qui pourra retourner la situation. Je pense avoir les moyens de vous faire intervenir, je garde une petite somme d'argent qui ne me sert pas dans mon quotidien alors ce serait un bon investissement si l'opportunité se présentait. Et en ce qui concerne mes cigarettes je suis ravi qu’elles n’aient pas été votre cible ce soir."

Je reste debout devant lui à simplement l’observer pendant des secondes qui me paraissent des années. Je suis fasciné par cette personne, elle me donne envie d’écrire une nouvelle pièce. Que voulez-vous je m'inspire du monde qui m'entoure et ce type de caractère m'était encore assez lointain. Alors pouvoir discuter avec cet homme est une expérience épanouissante.

Je regarde rapidement mon poignet pour me donner une idée du temps qui passe et nous emporte. "Si ma montre dit vrai, je crois que nous devrions nous quitter. Ne pensez pas que votre présence m’insupporte mais les journalistes vont arriver d’une minute à l’autre alors au revoir Mr.Feelgood et j’espère que vous trouverez ce que vous cherchez."

Je lui tends ma main en signe de reconnaissance en esquissant également un sourire sincère de bonne entente. C’est alors que les haut-parleurs annoncent l’arrivée des journalistes dans le hall principal. Par réflex je les regarde en écoutant attentivement le message audio en tendant toujours la main à cet individu des plus sympathiques.
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